Sur la trace des dinosaures

Nous continuons notre découverte de la Bolivie. Lors d’une étape prolongée nous avons choisi de rester plusieurs semaines dans la ville de sucre, la capitale officielle du pays. C’est une petite ville charmante pleine de bons restaurants et siège d’une excellente fabrique de chocolat. Son centre-ville est bien conservé et nous avons pu visiter de magnifiques bâtiments de l’époque coloniale, tous peints en blanc. En plus de l’architecture, nous avons enfin pu apprécier un climat clément sans températures négatives la nuit. Ce fut donc une étape bien plus reposante et agréable pour nous.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Notre présence ici n’avait pas pour unique but de profiter de la douceur de vivre de Sucre. En effet, la Bolivie est célèbre dans un domaine scientifique spécifique: la paléontologie.

Autour de la capitale se trouvent  plusieurs sites paléontologiques avec de nombreuses empreintes de dinosaures. Un premier site, celui de Niñu Mayu m’a particulièrement marqué. Après une petite randonnée au milieu de paysages magnifiques, j’ai pu observer et marcher à côté des empreintes très nettes de plusieurs espèces de dinosaures. Ce fut la première fois pour moi que je voyais des traces aussi marquées et clairement identifiables. Je dois dire que poser sa main ou son pied dans ces traces fait se sentir à la fois extrêmement insignifiant en termes de taille mais aussi en termes de temporalité.  J’en ai profité pour découvrir à quoi ressemble une publication scientifique en paléontologie. Si vous êtes curieux de voir à quoi ressemble une publication dans ce domaine vous pouvez en trouver une concernant un site d’empreintes de dinosaures très proche de Niñu Mayu ici.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Mais ce qui à réellement placé la Bolivie sous le feu des projecteurs de la paléontologie fut l’étude de Cal Orcko, un autre site d’empreintes de dinosaures. Ce site est localisé dans la mine à ciel ouvert d’une usine de ciment. C’est le site d’empreintes le plus important au monde découvert jusqu’ici et un nombre incroyable d’espèces différentes de dinosaures y a été inventorié.

Par contre si vous allez à Cal Orcko, ne cherchez pas les empreintes sur le sol, vous ne les trouverez pas. Vous devrez lever la tête car le passé s’exposera devant vos yeux comme au cinéma. De manière surprenante, les empreintes se trouvent sur une falaise de 1,2 km de long.

Picture8

Sur une falaise ? La géologie, intimement liée à la paléontologie, nous aide à comprendre comment ces empreintes peuvent être si bien conservées et dans ce positionnement inhabituel.  L’ère du Crétacé a commencé il y a 140 millions d’années1 et s’est terminée il y a 66 millions d’années avec l’extinction massive des dinosaures. À cette époque, la région de Cal Orcko était en bordure d’un immense lac. Les dinosaures en marchant s’enfonçaient dans le sol humide. Une période de sécheresse  à solidifié ces empreintes. Lorsque le climat est redevenu humide les empreintes solidifiées furent scellées par une couche de sédiment et de boue. Il y a eu ainsi une répétition de périodes humides suivies de sécheresse et cela a créé plusieurs couches d’empreintes. La tectonique des plaques à fait le reste. Au cours des millions d’années écoulées elle a transformé cette zone originellement plate en la falaise que l’on peut voir aujourd’hui.

Picture9

L’histoire qui se déroule devant nous vaut le film Jurassic Park. Les empreintes de pieds de 293 espèces peuvent se voir sur la falaise. Ainsi c’est la vie d’animaux d’une autre époque que nous pouvons imaginer. Ce sont des scènes de chasse, de fuite, des histoires de vie et de mort, des comportements que nous pouvons seulement supposer en nous basant sur les infimes indices laissés par le passé. Il y a ici les marques des plus imposants des dinosaures comme celles de plus petit qui sont souvent ignorés du public. Cette diversité d’espèce fournit une information précieuse sur l’extinction massive des dinosaures à la fin du Crétacé. Elle démontre l’absence d’un déclin graduel de la diversité des dinosaures à la fin de cette période. Cette observation soutient la thèse d’un événement soudain responsable de la crise du Crétacé-Paléogène et non une transition lente2.

Picture7

Picture10

Ce site extrêmement riche n’est pas conservé par l’homme bien au contraire. L’activité minière continue, rythmée par des explosions. L’érosion continue son travail. Par conséquent, le site change constamment. Les traces disparaissent pour laisser place à d’autres empreintes encore plus anciennes. Paradoxalement, nous pouvons espérer que le tourisme croissant contrebalancera un peu les effets des autres activités humaines en favorisant la mise en place de projets de conservation. Mais au vu de l’industrie en place ici, lorsque j’ai quitté ce site incroyable, j’ai eu le sentiment que rien n’arrêtera la roue du temps.

Picture11

 

Références:

1 New constraints on the Jurassic–Cretaceous boundary in the High Andes using high-precision U–Pb data. Vennari, Verónica V.; Lescano, Marina; Naipauer, Maximiliano; Aguirre-Urreta, Beatriz; Concheyro, Andrea; Schaltegger, Urs; Armstrong, Richard; Pimentel, Marcio; Ramos, Victor A. (2014).  Gondwana Research. 26: 374–385. 

 

2 The Late Cretaceous vertebrate ichnofacies of Bolivia – facts and implications. CA. Meyer; D. Hippler and M.G. Lockley. Asociación Paleontológica Argentina. Publicación Especial 7 VII International Symposium on Mesozoic Terrestrial Ecosystems: 133-138. Buenos Aires, 30-6-2001

Publicités

Une réflexion sur “Sur la trace des dinosaures

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s